mélopie une histoire de famille

Aujourd’hui, les Éditions Mélopie sont une toute petit entreprise familiale française, en partenariat avec près de 100 professeurs indépendants et plus de 2000 élèves par an répartis sur toute la France, dans les DOM TOM et à l’étranger. Mais en a-t-il toujours été ainsi, et comment est née Mélopie ? Pour ceux qui ne le sauraient pas, mais on ne peut l’ignorer dès qu’on approche de près ou de loin l’univers de Mélopie, tout repose à l’origine sur la volonté et l’enthousiasme des deux créateurs de Mélopie, Barbara et Jacques DURAND.

affiche sempé

CHAPITRE 1 : LA CRÉATION

1984

Jacques DURAND :

« Barbara avait créé une école de musique Place des Abbesses à Paris, c’était en 1984 première année de la fête de la musique (coïncidence ou non, toujours est-il que l’affiche de cette première année, dessinée par Sempé représentait … un oiseau ! Fallait-il y voir inconsciemment la future Mélopie ?). Pour aménager le préau où elle enseignait, Barbara avait utilisé ses fonds personnels et investi toutes ses économies. Hélas, au bout de deux ans, le loyer ayant doublé et l’ensemble devenant trop lourd à gérer, il fallut abandonner ».

Quelques temps plus tard, Barbara créait les premiers Mini-conservatoires Amadeus, elle monta seule douze mini-conservatoires avec cinq professeurs.

« En fait, tous les problèmes d’organisation étaient déjà abordés. On a tout de suite trouvé la formule géniale et on est tombés amoureux – poursuit Jacques DURAND – et on continue comme ça depuis dix ans (NDLR : plus de 30 ans aujourd’hui). J’ai alors quitté mon travail (j’étais directeur des ventes chez Waterman) contre l’avis de tous pour me lancer dans l’aventure. »

Amadeus commençait à tourner, la méthode d’enseignement se développait, il y avait une cinquantaine de professeurs, mais, toujours selon Jacques Durand, l’ensemble devenant de plus en plus lourd à porter, il fallait trouver un nouveau statut pour les professeurs, qu’ils deviennent les créateurs de leur propre activité.

Barbara DURAND : « Fille et petite-fille d’émigrés polonais, pour lesquels la musique comptait énormément, j’ai eu la chance de prendre mes premiers cours de piano à l’âge de 4 ans, à Saint-Rémy-lès-Chevreuse, chez un professeur extraordinaire : elle ne me parlait pas de notes, mais d’oiseaux qui se déplaçaient en chantant sur des lignes, comme mes petits doigts pouvaient le faire sur le piano, comme je pouvais le faire avec ma petite voix. Ma culture musicale me vient de ma mère, qui sans être interprète, était très mélomane. Petite fille, de suis restée au lit malade pendant un an, ma mère me racontait des tas de contes et me faisait écouter beaucoup de musique, ce qui engendrait une foule d’idées dans ma tête. Fantasia de Walt Disney a été un déclic. Il a mis des images sur la musique. Pour moi, les notes de musique comme les instruments, sont des personnages. Tout passe par la musique qui donne une dimension de plus à l’image. Mon originalité est là : une musique ne m’évoque pas des notes, mais des images, peut-être parce que je ne suis pas aussi technicienne qu’un chef d’orchestre. Les instruments sont des personnages que j’entends et vois évoluer. En mettant bout à bout ces images, je construis une histoire.

mini conservatoire amadeus

Installée à Metz, j’ai suivi des cours de piano avec un autre professeur extraordinaire, Madame LEBLANC. Elle avait une technique particulière : au lieu de nous faire jouer des petits morceaux de notre niveau, elle nous faisait jouer des rhapsodies hongroises, des études de Chopin, des airs d’opéra … simplifiés bien sûr, mais nous avions l’impression d’être des concertistes de haut niveau. C’est à ce moment-là que j’ai découvert que le monde de la musique ne se limitait pas aux rares musiciens qui ont composé pour les enfants, mais qu’il existait aussi Liszt, Dvorak, Berlioz, Wagner … et, de tout petit, mon univers musical est subitement devenu un monde immense à explorer, une planète à découvrir.

maman

Ma troisième chance a été de rencontrer Jacques. Il m’a aidée à créer ma première école de musique, aux Abbesses, à Paris. J’y ai observé les enfants et les professeurs de musique et de solfège, je les ai écoutés, j’ai écouté les parents et j’en ai tiré les conclusions pour l’avenir. Dans les écoles de musique, on commence par vous apprendre à lire et à écrire la musique. Ce n’est que lorsque vous avez réussi à apprendre cette notion abstraite (ce qui est très difficile) que vous avez le droit de toucher un instrument. C’est comme si vous n’aviez le droit d’écouter des contes qu’après avoir appris à les lire et les écrire, alors que c’est tout le contraire : c’est à force d’entendre des histoires que l’enfant désire apprendre à lire et à écrire. Il faut d’abord écouter, chanter, jouer de la musique d’oreille, se faire plaisir pour avoir envie d’apprendre à la lire et à l’écrire. C’est ce que j’ai voulu faire dans la méthode MÉLOPIE et dans les mini-conservatoires.

On a souvent l’impression que l’enseignement est pensé par des intellectuels, pas par des gens ayant le sens pratique. Quand un enfant ou un adulte ne me comprend pas, je ne me dis pas qu’il est stupide, mais que je lui ai mal expliqué. Je lui réexplique d’une autre façon, puis d’une autre encore, jusqu’à ce qu’il comprenne, et on trouve toujours la solution. J’affine alors la méthode pour tous. La musique c’est simple !

Au mini-conservatoire, si on utilise un piano c’est parce que c’est un instrument polyphonique, c’est l’instrument idéal pour apprendre : il suffit d’appuyer sur une touche pour trouver un son tout fait. Tous les compositeurs savent jouer sur un clavier, ils mettent tous les instruments sur leur piano. Ceci étant dit, je ne cherche pas à faire des petits prodiges, pour les enfants comme pour les adultes, il faut savoir jouer aussi pour le plaisir.

diane don quichotte

Les personnages des contes MÉLOPIE ressemblent souvent aux gens qui m’entourent : mon mari, mes enfants, nos amis et leurs enfants … par exemple, le professeur Sidney-FASOL, Rémi et Diane de la «Méthode piano enfant niveau 3 » ce sont mes trois aînés. Leurs péripéties sont basées sur celles qu’ils vivent et me racontent quotidiennement. Le Petit Baby Pink et sa Mummy Blue, c’est mon petit dernier Sullivan avec tout l’amour que l’on porte à son petit dernier. Le spectacle Don Quichotte que nous proposons cette année dans les écoles m’a été inspiré par Diane et Sullivan. Quant à Mélopie, ce doit bien être moi quelque part ! … et mon plus grand plaisir, avec Jacques, c’est d’avoir fait beaucoup de petits … »

papa

1990

Jacques DURAND : « On a vécu dans les années 90 la même rupture avec nos professeurs que celle de notre société d’aujourd’hui (NDLR : la société des années 90). La modernité des mini-conservatoires était là : la volonté de communiquer un enthousiasme, sans créer un outil administratif trop écrasant. On a joué sur le professeur, sur son côté indépendant, son autonomie. Du point de vue marché du travail, ce statut est devenu hyper moderne, l’informatique, le Minitel, la méthode et les outils à la disposition des professeurs leur permettent de faire tout par eux-même ».

Il a donc fallu recruter de nouveaux professeurs, cela n’a pas été facile, les réticences ou les incompréhensions entravaient la construction du projet, et finalement, les DURAND ont imposé leur idée et ils ont gagné. « Très vite, on a été soutenus par de nouveaux professeurs, des gens qui se sont en fait approprié le « truc » , l’ont reproduit chez eux, c’est devenu leur histoire. Nous , on a été enchantés, on avait l’impression d’avoir provoqué quelque chose chez les autres, c’était le début d’une dynamique qui ne s’est jamais arrêtée. Notre boulot, ici, c’est de créer de nouveaux outils de plus en plus performants pour les professeurs. Et, de fait, tous les ans, on a plus de professeurs, plus d’idées, plus de méthodes. »

1991

Mélopie, en tant que telle, voit le jour en 1991. Les livrets ne sont plus photocopiés mais imprimés, les nouveaux professeurs apportent sans cesse des idées nouvelles. En plus du solfège, on apprend aussi les instruments, l’histoire, la vie des compositeurs, la musicologie.

1994

Création de l’imprimerie qui permet une plus grande autonomie pour la sortie des livrets, les techniques modernes de mise en page (la P.A.O) sont utilisées, assistance technique de l’ordinateur. On trouve à présent tous les métiers de l’édition, de la création à l’impression.

mélopie imprimeur

1996

Mélopie éclate en 17 associations régionales. En fait, les 17 « meilleurs professeurs » deviennent directeurs régionaux et fondent leur association. « Avant, continue Jacques DURAND, il y avait trop de professeurs (plus de 150), on avait perdu le contact, sur le terrain, les choses étaient parfois dénaturées, on ne pouvait plus assurer tout le travail de formation et de contrôle. Avec les 17, on a recréé une famille, la structure régionale s’est avérée nécessaire. C’est une nouvelle aventure. On a vécu avec eux tous les épisodes, c’est une dynamique, une équipe, une famille avec une structure centrale plus ou moins industrielle (on « fabrique »).

mélopie new york

1997

Jacques DURAND (À cette époque) : « Rares sont en France les enfants qui abordent une langue étrangère avant l’entrée au collège. Et pourtant, nous savons que le monde s’internationalise de plus en plus et que demain ils travailleront peut-être à New-York ou à Londres … Cette perspective se prépare dès maintenant. Pour cela Mélopie a conçu une méthode qui, tout en reposant sur des jeux et des chansons, va bien au-delà d’une simple sensibilisation. Le principe est le même que pour la musique. Ainsi naît une nouvelle collection de méthodes pour apprendre l’anglais de façon ludique. »

2000

Alors que Mélopie s’apprêtait à migrer à l’étranger notamment aux États-Unis, Jacques Durand tombe gravement malade. Atteint d’un cancer de l’oesophage, il perdra peu à peu ses forces pour s’éteindre en 2003. Pendant ces 3 années Barbara a soutenu son mari chaque jour mettant l’évolution de Mélopie entre parenthèse pour se battre avec lui contre la maladie.

2003

À 50 ans Barbara se retrouve seule avec 4 enfants, à la tête de Mélopie. Les concurrents peu scrupuleux n’hésitent pas à la plagier. Le soufflet retombe d’un seul coup, 90% des professeurs quittent le navire pour reprendre leurs élèves à leur compte ou travailler avec la concurrence. Ne pouvant plus porter les problèmes juridiques et financiers Barbara dépose le bilan. Elle quitte son logement parisien et soutenue par une poignée d’amis et de fidèles professeurs elle poursuit le chemin. Mélopie survit difficilement pendant encore 10 ans.

melopie histoire

Sur la photo ci-dessus : Barbara et sa fille Diane.

CHAPITRE 2 : LA RELÈVE

2005

Peu après le décès de son père et suite à l’obtention de son Baccalauréat, la fille de Jacques et Barbara DURAND, Diane, s’envole pour le Canada, tout juste âgée de 18 ans pour y faire des études de commerce à HEC Montréal.

diane

Souhaitant se débrouiller par elle-même, à 19 ans elle se lance à son tour dans l’aventure de Mélopie. Elle adapte la méthode et le fonctionnement à la culture canadienne et se met à travailler en partenariat avec plus de 10 garderies sur tout Montréal et forme 4 autres professeurs pour la seconder. Mais sa famille qui lui manque et le mal du pays la font rentrer en France pour trouver son propre chemin.

diane durand

2009

Diane prend un nouveau départ, elle se lance dans un milieu qui l’a toujours fascinée : les jeux. Elle suit une formation et devient croupier. Elle saisit alors toutes les opportunités qui se présentent rapidement à elle dans le milieu du poker. Elle devient assistante de direction dans une école de formation de croupiers, puis organisatrice d’événements, database manager pour une application mobile. Toutes les connaissances acquises pendant ses études lui servent. En parallèle de ses divers métiers Diane a retrouvé une trentaine d’élèves et donne des cours Mélopie dans le 13ème à Paris où elle habite alors.

Diane : « J’ai toujours été très joueuse, j’aime m’amuser. Je me suis donc épanouie pendant un temps dans le milieu du poker. À mes yeux cela n’était pas du tout incompatible avec Mélopie, bien au contraire, après tout les enfants apprennent en s’amusant ! »

2012

Barbara aussi change de trajectoire. Profondément marquée par le cancer et la mort de son mari elle se documente sur l’alimentation. Elle crée d’abord un potager, puis une exploitation BIO, puis plusieurs AMAP. Elle se concentre sur d’autres projets. Elle propose alors à sa fille Diane de prendre la relève. Son conjoint Julien Benaich, alors directeur des jeux du poker au casino de Cavalaire-sur-mer laisse sa place pour la soutenir dans cette aventure. Diane réactive le réseau des anciens professeurs et en forme de nouveaux. Julien réactualise les méthodes, les réimprime et les reconditionne avec de nouveaux outils.

En plus de la gestion de Mélopie Diane ouvre à nouveau des cours, cela lui donne des idées, elle améliore les méthodes et apporte sa touche personnelle et moderne à la pédagogie. Elle intègre sa passion des jeux en modifiant la quasi-totalité du programme, des exercices et jeux de solfège. Elle change le format des méthodes pour alléger les coûts de production. Elle informatise et automatise entièrement les formations. Elle crée le premier site internet de Mélopie. La machine reprend, la petite entreprise familiale gérée par deux personnes Diane et Julien remonte doucement la pente.

Diane s’occupe de la pédagogie, des changements dans les méthodes, de la formation et la gestion des professeurs. Julien gère la fabrication, l’assemblage et la vente des méthodes stockées tantôt dans la véranda, tantôt dans le salon, tantôt dans le garage. Le système de gestion mis en place est alors bien différent. Jacques et Barbara étaient au sommet d’une pyramide faite de professeurs et de responsables régionaux. Diane et Julien quant à eux se placent au centre d’un vaste réseau de professeurs, avec qui ils sont en lien direct grâce à internet. Ce réseau se développe progressivement et durablement au fil des ans.

2015

Le projet a d’abord été rendu viable grâce aux allocations chômages perçues par Julien. Puis l’entreprise a grossi et est devenue pérenne en auto-entreprise. Puis en 2015, avec plus de 50 professeurs, Diane et Julien n’ont pas le choix, ils créént une nouvelle SARL. Le stock commence à prendre trop de place dans leur maison, Julien décide de le faire sous-traiter. De son côté, Diane confie ses cours à un nouveau professeur. Tous deux ont plus de temps et peuvent enfin se consacrer à la création.

formation professeur

2018

Un nouveau produit est né : notre Méthode d’anglais niveau 3. Et les nouveautés Mélopie ne font que (re)commencer !